J’ai apprivoisé l’aquarelle en autodidacte, au fil des années. Je peins de manière instinctive, de plus en plus gestuelle, en laissant une grande place aux imprévus. Mes aquarelles naissent ainsi d’elles‑mêmes : l’eau et les pigments décident, les accidents se créent, la magie opère. J’utilise des outils nerveux, parfois imprécis, et je navigue sans cesse entre graphisme maîtrisé, taches, bavures et coulures.
Le blanc du papier est au cœur de mon travail. J’explore les effets de matière et de granulation des pigments pour faire apparaître des lignes presque invisibles, intensifier les contrastes, donner vie et force aux formes qui surgissent.
Mes sujets viennent le plus souvent de la nature. Fossiles imaginaires, coquillages, animaux, fragments de paysages : des motifs simples que je cherche à rendre dans une écriture sobre et épurée. Plutôt que de les décrire, j’essaie d’en capter l’élégance, la poésie et la part de mystère.
D’une série à l’autre, je travaille toujours autour de la trace : ce qui demeure, ce qui s’efface, ce qui affleure encore à la surface du papier. Les fossiles, les forêts, les silhouettes animales ou les paysages esquissés deviennent autant de présences discrètes, comme si elles se situaient à mi‑chemin entre le vivant et le souvenir.